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La campagne de stérilisation des oeufs de goéland argenté vient de débuter, en France. En quoi consiste ce processus jugé “non invasif” pour l’espèce protégée ?

Peu importe l’espèce, le goéland est un oiseau protégé. Il est interdit de l’abattre sous peine de sanction allant jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. De nombreux riverains des côtes françaises souhaiteraient néanmoins s’en débarrasser. Ils reprochent à l’animal de causer des dégâts, allant de la destruction des sacs poubelles à la déjection régulière et tenace sur les voitures.

Les goélands argentés sont facteurs de nuisances pour les habitants de la côte. Des campagnes de stérilisation sont mises en place pour limiter leur prolifération.
(Crédits : Pixabay)

“les touristes nourrissent les oiseaux”

La surpêche et le réchauffement climatique causés par l’homme, sont les raisons principales de la présence des goélands sur les littoraux. Ricardo Boimare, le responsable communication de Mers-les-Bains (80), en charge du dossier de stérilisation des oeufs, condamne pour sa part les touristes. Il s’agace : « Les vacanciers nourrissent les oiseaux et s’amusent de les voir revenir chaque jour, sans subir les conséquences à long terme”. Pour lutter contre ce phénomène, les villes côtières ont mis en place une amende de 68 euros. Qui se destine à toute personne surprise en train de nourrir ces bêtes à plumes.

Malgré l’interdiction, l’espèce continue de proliférer et la cohabitation devient compliquée. Pour en finir avec les nuisances physiques et sonores causées par les goélands, des campagnes de stérilisation des œufs sont mises en place chaque année. L’Etat vient de donner son feu vert pour la saison 2022.

Comment fonctionne la stérilisation des oeufs de goéland ?

Avant de commencer le travail de stérilisation, les villes doivent contracter des organismes scientifiques pour effectuer un comptage. Chaque commune entre ensuite en relation avec une société de grimpeurs, qui s’occupent de se rendre au domicile des propriétaires, puis d’effectuer la stérilisation. Pour éviter des problèmes juridiques, la ville de Mers-les-Bains a mis en place un formulaire disponible en mairie. Ce dernier permet aux habitants de signaler la présence de nids sur leur toit et autorise l’intervention des entreprises.

Depuis plusieurs années des techniques jugées “non invasives” sont pratiquées. “Les grimpeurs font d’abord un premier passage, durant lequel ils aspergent les oeufs d’une huile naturelle, qui empêche l’oxygène de passer à travers la coquille”, explique Ricardo Boimare. Ce dernier ajoute : “Quand les animaux reviennent, ils se rendent compte que leur ponte n’est pas concluante et environ deux semaines après, ils pondent de nouveaux, à seulement quelques mètres. Un nouveau passage est alors effectué.”

“Si malgré tout, une naissance a lieu, alors nous n’effectuons pas de second passage”

– Ricardo Boimare, le responsable communication de Mers-les-Bains (80), en charge du dossier de stérilisation des oeufs.

Comment reconnaître des oeufs de goéland argenté ?

À l’œil nu, il est impossible de distinguer les œufs des différentes races de goélands. Pourtant, l’identification est importante, puisque qu’il est formellement interdit de toucher aux pontes de goélands bruns ou marins, dont les couples sont trop peu nombreux.

Pour être sûr de ne pas se tromper lors de leur intervention, les grimpeurs se posent sur un toit. Puis, ils attendent quelques minutes pour voir si l’oiseau est là ou s’il revient, avant de pratiquer la stérilisation. Ils peuvent alors observer la couleur de son plumage et le différencier de ses congénères.

Ricardo Boimare, admet : “Il arrive parfois que la stérilisation ne fonctionne pas, quand il pleut beaucoup après un passage, ou qu’un grimpeur se fait attaquer par un oiseau par exemple”. “Si malgré tout, une naissance a lieu, alors nous n’effectuons pas de second passage”, ajoute le responsable du dossier.

L’objectif principal reste en résumé de “protéger les goélands argentés”. C’est du moins, ce que le responsable communication de Mers-les-Bains promet.

Des drones pulvérisateurs ? :

Si le travail des grimpeurs est efficace pour stériliser les oeufs de goélands, certains endroits ne sont pas accessibles en nacelles. Pour asperger les nids difficilement atteignables, la ville de Calais (62) a mis en place une stérilisation par drone. Une solution ingénieuse, mais qui a un coût conséquent. En 2019, la municipalité a investi, 12 000 euros pour cet appareil. Soit un tiers de son budget annuel consacré à la régulation des oiseaux. Le drone a été conçu par Eddie Jouan, professeur-formateur à l’université de la Côte d’Opale (ULCO). Il permet d’agir notamment sur les toits avec des cheminées, sans blesser les animaux.

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