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Un élevage de poules pondeuses en élevage intensif dans les Côtes-d’Armor, en 2018. CC L214 – Éthique & Animaux/CC BY 3.0

Détournement de la réglementation, normes européennes appliquées à la légère par les autorités françaises… Les élevages intensifs en profitent et s’engouffrent dans les dérogations.

Du fait de leur rareté, les objectifs de contrôle sur le bien-être animal sont bien en deçà des attentes. Pour cause, ils ne sont de l’ordre que d’un 1% par an ! Alors même que l’élevage intensif concentre une grande quantité d’animaux dans de faibles espaces… Soit plus de 18,6 millions de bovins, 8,5 millions d’ovins-caprins et 13,7 millions de porcins (source : Memento 2019 Agreste).

C’est pourquoi les élevages et notamment intensifs, sont dans le viseur de l’association L214, engagée pour la défense des animaux. Celle-ci s’est emparée de la question car elle estime que ces élevages ont presque le champ libre. Et notamment, en utilisant les dérogations des cas particuliers pour rendre l’ensemble systématique. C’est par exemple le cas sur la coupe des queues des cochons lorsque des morsures de queues se produisent. Résultat, pas de prise aux sérieux des législations ni des sanctions éventuelles… En raison du manque de considération des autorités françaises sur le sujet.

 

Une réglementation contradictoire et peu appliquée pour l’élevage intensif

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Barbara Boyer, chargée des relations presse chez L214 depuis 2017. CC LinkedIn

« On est plus sur une exception mais sur une règle qui s’applique au plus fort taux autorisé». C’est ce que nous explique Barbara Boyer, la chargée relation presse sur la réglementation des élevages et ses nombreuses dérogations. « Si l’on prend l’exemple de l’élevage du poulet, la réglementation du poulet est claire. On ne doit pas mettre plus de 33 kilos de poulet par mètre carré.»

Or, des dérogations existent pour monter à 39, et une autre encore pour passer à 42. «Pourtant, il se trouve qu’en France, 80% des poulets en élevage intensif sont à 42 kilos par mètre carré. » développe la chargée des relations presse. Bien sûr, il faut remplir un certain nombre de critères (comme l’absence de cas de pyodermite ou d’un faible taux de mortalité) afin d’accéder à ces dérogations qui demandent du temps avant d’être acceptées. Bémol, même pour des élevages qui viennent d’ouvrir, bon nombre sont déjà à 42 alors qu’aucun test ou contrôle n’a été effectué.

Autre exemple, qui mobilise l’association : les poules pondeuses en cage. Celles-ci nécessitent une aire de grattage et de picotage que la réglementation européenne a demandé de strictement appliquer. Cependant, l’absence de ces aires est fréquemment constatée dans les élevages, selon une instruction technique du ministère de l’agriculture.
« On a donc soulevé ces questions auprès du ministère de l’agriculture qui a répondu que ce n’était pas applicable. Parce qu’il faudrait mettre de la litière, et que c’est difficile à entretenir. » finit par ajouter Barbara Boyer.

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