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Le « boulocho » (slip chauffant) d’Erwan Taverne, sa contraception qu’il a fabriqué lui-même. Crédit photo : Ulrich Lebeuf. Myop

La contraception masculine, c’est un sujet tabou. Et depuis quelques années, énormément de personnes se penchent sur la question et sur les dispositifs. Mais les études stagnent et peu se sentent prêts à sauter le pas.

 

La contraception masculine, ça fait des années que ça existe. Mais quand on parle contraception, on pense toujours aux dispositifs pour femme. Depuis toujours, elles prennent pilule, se font poser implant ou stérilet. Un fardeau pour certaines, une nécessité pour d’autres. Mais nombreuses sont les conséquences de ces dispositifs. Augmentation du risque vasculaire, provoquant infarctus ou AVC, prise de poids ou encore trouble de la santé mentale tels que la dépression, l’anxiété ou l’insomnie. Beaucoup de femmes supportent mal les méthodes de contraception que sont les dispositifs hormonaux et leurs effets secondaires.

Petit à petit, les hommes se montrent de plus en plus tentés de prendre la contraception à leur charge. En 2001, c’est une première réelle avancée : une loi autorise la vasectomie. C’est une opération mineure qui consiste à couper ou bloquer les canaux déférents qui transportent les spermatozoïdes à partir des testicules. Malheureusement, elle n’est réversible que dans 80% des cas. À contrario, les autres méthodes telles que la remontée testiculaire, les injections de testostérones ou bien la pilule, peinent à se développer. Le principal problème ? Le manque de financement pour des études de validation. Reste aussi à connaître les effets secondaires et à augmenter l’acceptabilité par ces messieurs et leurs compagnes.

 

« Les institutions sont toujours à la traine »

 

Erwan Taverne, porte-étendard du « slip chauffant » et membre du groupe Garçon 59, utilise ce dispositif depuis 10 ans. Il était dans les 150 premiers à le tester. La contraception masculine existe depuis des années.

« Quand on regarde bien, c’est d’abord la pratique qui s’installe puis les institutions qui se décide à faire quelque. Et ce qu’elles font est d’ailleurs, pour la plupart du temps insuffisant », nous explique-t-il.

L’industrie pharmaceutique ne se penche pas à 100% sur la question et ne concentre que peu d’efforts. Et lorsque l’industrie ne suit pas, il devient compliqué de faire connaître au grand public certains dispositifs, mais surtout de les faire adopter.

« Pour le moment, on manque vraiment d’étude sur le sujet », déclare Erwan. « Vérifier l’efficacité c’est simple, ça se fait par un spermogramme. En revanche, pour vérifier la réversibilité, il faut suivre plusieurs utilisateurs sur des temps plus longs et voir s’ils arrivent correctement à procréer et s’il n’y a pas de effets sur la descendance ».

Le manque de recul sur la contraception masculine peut effrayer certains, mais les tarifs aussi. Pour un spermogramme, il faut compter 30€, tous les trois mois. Il ne faut par ailleurs pas oublier de prendre ses rendez-vous à l’avance, car les délais sont très longs pour avoir une place. Trop d’inconvénients qui expliquent pourquoi la contraception masculine est encore très peu développée. Et vous, seriez-vous prêts à passer le cap ? Si vous vous posez des questions sur la contraception masculine, c’est pas ici.

Les différents de contraceptifs masculins. Crédit photo : SVT lycée, M. Viora et Mme Marquet

Les moyens de contraception masculine. Crédit photo : SVT lycée, M. Viora et Mme Marquet

 

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