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36 % de la production mondiale de vêtements n’est pas vendue. Un chiffre important qui amène à réfléchir sur sa façon de consommer. C’est le cas de la boutique Slowmod à Lille qui propose une multitude de pièces de seconde main suivant le modèle de l’« upcycling».

La fondatrice, Justine Thiriez a monté son projet avec un objectif en tête : « Habiller les Femmes dans leur vie de tous les jours, avec style & sans impact sur la planète ». De là l’idée de seconde main est apparue comme une évidence. De quoi parle-t-on ? « On veut valoriser et rendre très accessible la seconde main pour qu’elle ait une nouvelle vie, tout est rangé par couleur, par taille afin de donner envie à la cliente qui entre dans le magasin. On mixte le vintage et l’actuelle pour que tout le monde s’y retrouve », explique Ségolène Butez, co-responsable du développement chez Slowmod. Pour cela, plusieurs possibilités : L’achat de pièces dans la boutique, l’échange qui permet de vendre une pièce sur la plateforme « Les endormies » crée par Slowmod.

La revente est aussi possible, « On ne reprend pas toutes les pièces, on travaille avec les centres de tri qui s’occupent de cela mais si la pièce nous intéresse, on propose de la reprendre et en échange la cliente obtient un bon d’achat à utiliser en boutique ou en ligne », détaille Ségolène. Dernièrement la location est disponible, le principe est de choisir trois vêtements ou accessoires que les clientes pourront rapporter en boutique, d’un mois à l’autre, via un abonnement mensuel.

La location a de multiples avantages, un aspect économique principalement mais aussi écologique, les placards ne sont plus surchargés de vêtements que l’on ne porte plus et cela permet de changer de style, de taille comme on le souhaite. Slowmod indique que les vêtements vintages peuvent être loués entre six et huit fois. Ils seront ensuite réparés et remis dans le circuit ou « upcyclés » dans une entreprise spécialisée. « Si une pièce a besoin d’être raccommodée, nous travaillons avec des ateliers de couture, c’est une façon de donner un exemple et de montrer aux clientes que ce n’est parce qu’un pull a un trou qu’il faut le jeter », insiste-t-elle.

La boutique Slowmod vend des articles de seconde main. (Photo : Maéva Asperti)

La seconde main, plus qu’un effet de mode

Longtemps considérée comme une façon de se démarquer, la seconde main est devenue un nouveau moyen d’acheter des vêtements. Quand on rentre dans la boutique, on ne sait plus où regarder. Entre décoration moderne et vintage, tout le monde s’y retrouve. Vinyles, fleurs, motifs, couleurs, il y a de quoi s’émerveiller. La décoration a d’ailleurs été réalisée avec des objets de seconde main, trouvés un peu partout, dans l’esprit de la boutique. Les clientes chinent, à la recherche de la pépite qui les fera vibrer. Une ambiance qui nous transporte dans autre temps où la mode n’utiliserait pas 98 millions de tonnes de ressources non renouvelables par an, soit 9000 Tour Eiffel. Plus les générations passent et plus la question revient.

Pour Ségolène, « on consomme et on produit en trop grosse quantité, il faut repenser sa façon de consommer, à tout point de vue pour limiter les dégâts avant qu’il ne soit trop tard ». Loin des tabous d’antan, la co-responsable s’enthousiasme, « nous avons une clientèle régulière, qui a l’habitude de venir ici et nous avons de nouvelles clientes qui viennent chaque jour découvrir, que ce soit par curiosité ou par conviction, nous les accueillons avec grand plaisir et restons à leur écoute ».

D’autres centres ont d’ailleurs ouvert, au centre commercial V2 à Villeneuve d’Ascq qui rouvrira ses portes, après travaux, le 10 mai prochain. Un centre devrait ouvrir prochainement à Valenciennes. Alors plus de raison de garder des vêtements que l’on ne porte plus où qu’on pense un jour reporter, sans jamais le faire.

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